La position de la majorité présidentielle est claire sur ce point. Nous ne voulons pas de l’intégration de la Turquie en Europe mais nous voulons que ce pays soit un partenaire privilégié de l’Union Européenne.

L’Union Européennes est avant tout un projet européen qui doit avoir des frontières (c’est avant tout un projet continental) et un cadre politique.

En cette période de crise, l’Europe doit retrouver un souffle politique pour mieux se protéger face aux déséquilibres mondiaux en développant des politiques communes de recherches, d’innovation, une nouvelle politique industrielle. Pour cela, il est nécessaire que l’Europe soit gouvernée, que l’on préserve les grands équilibres de l’Union en demeurant unis. Intégrer aujourd’hui la Turquie remettrait en cause cet équilibre car la Turquie deviendrait le Pays le plus peuplé de l’Union Européenne (80 Millions d’habitants). Cela aurait une incidence sur la répartition des voix au Conseil Européen et sur le nombre de parlementaire à Strasbourg.

Pendant la Présidence Française de l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy a ouvert deux nouveaux chapitres pour associer la Turquie et non pour l’intégrer. Ces chapitres concernent la libre circulation des capitaux, de l’information, des politiques en matière de santé, d’éducation. Les chapitres concernant l’adhésion comme la politique monétaire, l’agriculture, les questions institutionnelles et budgétaires sont actuellement bloquées par la France.

La constitution française nous protège sur ce point avec l’article 88-5 « Tout projet de loi autorisant la ratification d'un traité relatif à l'adhésion d'un Etat à l'Union européenne et aux Communautés européennes est soumis au référendum par le président de la République. Toutefois, par le vote d'une motion adoptée en termes identiques par chaque assemblée à la majorité des trois cinquièmes, le Parlement peut autoriser l'adoption du projet de loi selon la procédure prévue au troisième alinéa de l'article 89 ».

A nos adversaires de clarifier leurs positions entre les socialistes qui sont divisés et incohérents avec Laurent Fabius qui est contre, Vincent Peillon qui est pour et Martine Aubry qui doute,  les souverainistes de Philippe de Villiers qui s’allient avec le Parti Libertas favorable à une intégration de la Turquie en Europe et le non dit entretenu par les écologistes et le Modem.


François Merlet
Responsable Départemental de la jeunesse UMP de Paris